Créer sa société de négoce de vin
Lors de la création d’une société de négoce, en parallèle de sa société de production, beaucoup de questions se posent sur les entités juridiques à choisir et sur les mécanismes à mettre en place entre les sociétés. Voici les paramètres à analyser pour prendre la meilleure décision.
Se poser les bonnes questions
C’est la toute première étape de votre projet de création de société, avant la rédaction des statuts et avant l’immatriculation au greffe du tribunal de commerce. Il n’y a pas de solution toute faite : le but est de poser tous les paramètres sur la table pour les analyser. Avant de vous lancer, posez-vous notamment ces questions :
- Combien ai-je d’associés ?
- Quelle est ma stratégie financière ?
- Comment me protéger de cette société ?
- Quel est mon régime social ?
- Quel est mon régime fiscal ?
- Quel est mon régime douanier ?
Les associés
Si vous êtes seul, voici les choix possibles : l’Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée (EURL), l’Entreprise Individuelle ou la Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle (SASU).
Si vous êtes deux ou plus : la Société Anonyme (SA), la Société à Responsabilité Limitée (SARL) ou la Société par Actions Simplifiée (SAS).
La stratégie financière
La stratégie financière mise en place (financement, prêts, fonds de roulement, etc.) permettra de définir assez précisément l’entité juridique. En fonction de ce que vous avez prévu, certaines formes juridiques ne seront pas adaptées, car incompatibles avec un prêt bancaire ou un bailleur, par exemple. Vous pouvez vérifier ces points sur le site de Bpifrance Création.
La protection
Certaines entités permettent de protéger votre patrimoine et votre autre société des dettes de la nouvelle. Il faut aussi réfléchir, à long terme, à la future transmission de cette société.
Le régime social
En tant que dirigeant, vous pouvez bénéficier de deux régimes :
- « Assimilé salarié » : avec une protection sociale (retraite, sécurité sociale) plutôt complète, à la hauteur d’un salarié en entreprise, mais avec un taux de cotisation plutôt élevé.
- « Non-salarié » : avec un taux de cotisation très faible pour l’entreprise et une absence de protection sociale. Généralement, des assurances complémentaires, dont les cotisations sont déductibles des bénéfices de l’entreprise, sont souscrites.
Voyez aussi à long terme et pensez au régime social de votre conjoint.
Le régime fiscal
Dans l’optique de rester en flux tendu de trésorerie pour la nouvelle société, il est préférable d’opter pour une forme juridique qui permet de payer les impôts sur les bénéfices. Facilement décaissable et prédictible, cela permettra aussi d’avoir des avantages fiscaux en fonction de l’activité et de l’ensemble des bénéfices.
Le régime douanier
Il faudra définir son activité à l’avance avant d’entamer les démarches : certains dossiers à créer sont coûteux et longs. Pour dégrossir le terrain, posez-vous ces questions :
- Cas 1 : vais-je acheter du vin ou des spiritueux en droits suspendus (en vrac, en citerne ou en tirés-bouchés) afin de les transformer ou de les habiller ?
- Cas 2 : vais-je vendre du vin ou des spiritueux à l’étranger ?
- Cas 3 : vais-je uniquement acheter et revendre les vins et spiritueux sans transformation ?
Dans les cas 1 et 2, il sera préférable d’obtenir l’agrément d’entrepositaire agréé.
Les avantages :
- Acheter les vins et spiritueux de votre société de production ou de vos fournisseurs (autres entrepositaires agréés) en droits suspendus. À terme, vous optimiserez votre trésorerie en ne décaissant les droits de circulation qu’à la vente.
- Lors d’une vente à l’export avec un DAE, les droits de circulation sont nuls : vous les économisez à chaque transaction.
- Beaucoup de professionnels voudront dissocier les droits d’alcool des prix de vente.
Les inconvénients :
- Démarche coûteuse au démarrage (dépôt de garantie).
- Démarche relativement longue.
- Déclarations mensuelles obligatoires (DRM et comptabilité matière).
Dans le cas 3, l’activité est comparable à celle d’un caviste et l’agrément n’est pas forcément nécessaire : vous achetez vos vins et spiritueux en droits acquittés, les droits d’alcool sont intégrés dans les prix de vente, et vous évitez la demande d’agrément et les déclarations mensuelles. Pour comprendre la démarche, consultez les pages officielles des douanes sur l’entrepositaire agréé et sur l’obtention de l’agrément.
On n’oublie pas le business plan
Dès lors qu’une société de négoce vient compléter l’activité de votre production, il faut prendre soin d’optimiser votre gestion des stocks et des flux, et de mettre en place une stratégie commerciale cohérente. Les deux sociétés devront avoir des comptabilités matières et des comptabilités bien étanches.
La stratégie commerciale
La société de production sera réorganisée en fournisseur (principal ou non) de la société de négoce. Autrement dit, la société de production n’aura plus qu’un seul client : votre société de négoce. Cette dernière commercialisera tous vos vins produits ainsi que toutes les autres références que vous allez acheter et revendre, ou acheter, transformer et revendre.
L’erreur à ne pas commettre : facturer un client avec vos deux sociétés en fonction des produits qu’il achète. Cela voudrait dire que pour une commande comprenant vos vins de production et vos vins de négoce, le client recevrait deux factures séparées, ce qui n’est pas du tout pertinent.
La stratégie commerciale est très importante et doit être bien anticipée. En fonction de votre business plan, une certaine valeur visuelle devra continuer d’être véhiculée via la société de négoce : soit vous créez une toute nouvelle identité (ce qui nécessitera un plan de communication), soit vous transférez l’identité de votre société de production à la société de négoce.
La gestion des stocks
Dans une gestion simplifiée, tous les stocks achetés seront comptabilisés et entrés en stock dans la gestion commerciale du négoce. Pour les références de la société de production, plusieurs méthodes sont possibles :
- Méthode 1 : si vous ne faites qu’une seule mise en bouteille par an, la société de production pourra facturer l’ensemble des bouteilles en droits suspendus à la société de négoce, avec un échéancier de paiement étalé pour éviter le trou de trésorerie.
- Méthode 2 : si les mises en bouteille sont faites à la demande, les stocks provenant de votre structure de production seront gérés en flux tendu, c’est-à-dire à stock zéro en début de mois. À la fin du mois, votre gestion commerciale du négoce établira un récapitulatif des ventes des références liées à la société de production afin de créer une facture unique.
La méthode 2 permet de simplifier les flux inter-sociétés (on ne facture que ce qui a été vendu) et de ne déclarer en sorties acquittées que ce qui a été vendu. Dans Vitisoft, ces procédures sont expliquées dans votre espace client et utilisées par la plupart de nos clients ayant une société de production et une société de négoce.
Que peut-on en conclure ?
Vous n’avez jamais assez de vin à vendre, la demande dépasse l’offre ? Vous savez que vos flux commercial et logistique ne sont pas à leur maximum et vous souhaitez augmenter votre chiffre d’affaires ? Créez votre structure de négoce et étoffez votre offre avec des vins sélectionnés ou transformés. Complétez vos cuvées avec du vrac de la même qualité, créez de nouvelles cuvées et vendez-les en utilisant vos canaux de distribution actuels. Les applications sont nombreuses et permettent d’avoir un véritable « couteau suisse » dans son portefeuille de sociétés, piloté depuis une seule gestion commerciale.
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